Je m’interrogeais sur la pertinence d’une bonne écoute et des
bénéfices qu’elles pouvaient apporter dans notre entourage, nos proches, nos
amis (es), notre frère, nos sœurs et surtout nous-mêmes. Car avant tout pour
pouvoir écouter réellement, il est important tout d’abord de savoir s’écouter
et de s’accepter avant tout. Ne pas faire semblant d’être ce que nous ne
sommes pas et être vraiment ce que nous sommes réellement, sans artifice et
sans gêne.
Il se passe quelques choses de merveilleux lorsque vous
savez écouter. Vous pouvez capter, les messages non verbaux qui apparaissent
furtivement. Par exemple, un regard, un changement d’intonation, un soupir, un
silence qui en dit long à l’instant T sur l’état de la personne. Il n’est pas
simple d’exprimer son ressenti, ses émotions lorsque celles-ci ne sont pas
écoutées, et surtout lorsqu’elles ne sont pas acceptées. Mais lorsque vous avez
la capacité de les écouter, de les comprendre et de les accepter, la personne
se libère, et peut enfin devenir ce qu’elle est sensée devenir, un être
vulnérable, sensible, créatif, responsable et proche de sa Fitra. Un être qui
découvre une authenticité, une créativité qui s’est libérée en acceptant d’être
soi même. Ce travail exige avant tout d’apprendre à s’écouter, d’apprendre à
s’aimer, d’apprendre à réparer ses blessures, pour pouvoir déployer toutes ses
énergies. Ce n’est pas devenir narcissique de vouloir s’écouter, ou s’aimer. Il
est fondamental d’être en accord avec soi-même pour pouvoir donner le meilleur
de soi même, et cela demande de faire un travail sur soi et d’apprendre à se
redécouvrir à travers nos masques, et des façades qui nous font que nous
éloigner de nous-mêmes, de Dieu et des hommes.
Écouter, exige avant tout d’aimer, de pardonner, de se
pardonner, et de s’accepter en étant imparfait pour s’améliorer, mais sans
jamais se culpabiliser qui ne sert qu’à nous éloigner de notre condition d’être
humain. Nous ne pouvons être différents, de ce que nous sommes. Nous devons
apprendre à être soi, pour être authentiques, et conscients des autres. Sans un
travail d’introspection et de polissage, nous ne pouvons arriver à voir les
merveilles qui sont en nous et chez les autres. Nous devons être un miroir pour
soi et pour les autres. Mais un miroir bienveillant, et non culpabilisant qui
ne fait que nous éloigner de notre Fitra, qui est notre prime nature, notre
être ontologique. Nous savons l’être parfois à l’image des enfants qui sont
spontanés et pleins de vie, sinon nous risquons de nous éteindre et devenir des
êtres qui s’aliènent pour se conformer à ce que l’on voudrait que l’on soit.
Chaque individu à une capacité de changer ce qui est
changeable. L’être humain n’est pas né foncièrement mauvais, insensible, ou
dans l’incapacité d’apercevoir les autres. Nous avons en nous la capacité de
faire ce travail qui exige des efforts et des changements au niveau de ses
paradigmes, de ses représentations mentales. Le plus important est de commencer
à voir autrement celles ou ceux qui nous entourent pour percevoir que nous
sommes réellement dans une forme de conditionnement qui prend sa source dans
notre éducation et notre environnement. Il suffit de vouloir changer pour
constater que nous pouvons voir autrement. Il suffit de parler de soi aux
autres pour constater que nous nous trompons sur nos intentions. Il suffit
d’exprimer ses peines pour constater aussi que nous ne sommes pas différents et
gagner ainsi en proximité. Le plus important est de commencer à communiquer
réellement, sans artifice, ou sans masque. Et d’avoir le courage d’être soi
pour se libérer réellement. Et de pouvoir enfin goûter aux plaisirs spirituels
qui nous sont donnés à partir d’une réalité qui n’est pas le fruit de nos projections.
En quelque sorte pour pouvoir écouter et communiquer réellement, il est
important d’aller au-delà de ses perceptions, de ses cinq sens et d’utiliser un
sens nouveau qui est le cœur et qui est le centre de notre Fitra.
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